Petits tours ou plus longs voyages couchés sur un trike et sur un handbike (vélo à bras), et en particulier une traversée des Pyrénées (2009), un périple en Himalaya (2010) et des boucles dans les Dolomites (2011).

1 octobre 2010

Acte 3 : en route pour la vallee de la Spiti !

Du 12 au 27 septembre 2010 : Chhatru > Losar > Kaza > Nako > Rampur.

Apres 3 jours de pluie passes a Chhatru, nous repartons vers l'Est sur des routes detrempees. La route est ce qui se fait de pire : cailloux, trous, graviers, passages a gue, raidillons pas piques des hannetons; il nous faut la journee pour parcourir les 30km qui nous amenent a Batal (4000m), campement au pied du col Kunzum La (4550m). Des immenses glaciers arrivent presque jusqu'a la route, et nous sommes entoures de faces raides qui culminent a plus de 6000m, glaciers suspendus, ice flutes, belles lignes pour le ski extreme.


Apres la pluie, le beau temps : en route vers Batal !


Cadre grandiose mais route execrable : 30 km en une journee...
Bivouac a Batal (alt. 4000m).
Dans la montee au col Kunzum La (alt. 4550m).

De l'autre cote du col, nous arrivons dans la vallee de la riviere Spiti, accueilli par des faces rocheuses multicolores, des lits de torrent roses, a la lumiere du soleil du soir. Quel contraste ! Nous trouvons de petites colines verdoyantes qui dominent le fond de la large vallee dans laquelle la Spiti s'ecoule paresseusement en multiples meandres. Bivouac de reve, avec encore derriere nous les hauts sommets enneiges de l'autre cote du col.

Premier bivouac dans la vallee de la Spiti (alt. 4100m).

Le lendemain, Losar est le premier village rencontre depuis 5 jours, avec des champs de ble moissonnes a la main (comme il y a un siecle en France). Dans cette region seche, l'irrigation est assuree par des longs canaux creuses a flanc de montagne depuis le torrent le plus proche. Les villages sont souvent perches au-dessus de la vallee et permettent de prendre un peu de hauteur. La route nous surprend avec d'impressionnantes gorges qui surgissent au detour d'un virage. Les maisons de style tibetain au toit plat sont deja recouvertes de paille pour l'hiver, et la neige n'est plus tres loin de la route.

La haute valle de la Spiti.
Geologie interessante !
Village et cultures en haute valle de la Spiti.
A Kaza (capitale administrative du district du Spiti), privee d'electricite la plupart du temps, nous retrouvons nos amis autrichiens (70 et 68 ans a velo-sacoches) et un couple de Neo-Zelandais a velo : c'est l'occasion de faire une bonne tablee de 6 cyclo-voyageurs autour d'une biere et de plats tibetains (chowmein, momo, thupka). Encore un episode de pluie et de froid qui nous bloque 2 jours (encore de la pluie de mousson, tres inhabituel dans ce coin), et nous fait renoncer a quelques excursions vers des villages et monasteres (gompa) perches dans les environs.

Cyclo-diner a Kaza en attendant le beau temps.
Le beau temps revient, on abandonne polaire et doudoune et nous optons pour un petit detour par Dankar, petit village et gompa tres pitoresque. C'est egalement le dernier vrai repas de Nat avant un episode de 3 jours de tourista pas pique des hannetons (evanouissement, tout caaaaa...) mais qui ne l'empeche pas de pedaler.
En montant a Dankar.
Petit dejeuner a Dankar sur le balcon de l'hotel.

Le monastere millenaire de Tabo est decevant : peinture defraichie avec cependant quelques statues style "manga" de divinites locales. La vallee se resserre ensuite et la riviere Spiti devient plus tumultueuse. Nous passons a 3km a vol d'oiseau du Tibet, et plongeons dans d'impressionantes gorges, avec des parois de plus de 3000m de haut !


Avant d'attaquer une des difficultes de ce 3eme acte, nous faisons etape a Chango, ou nous sommes tres chaleureusement acceuillis par un jeune indigene. Cil apprend les recettes locales pendant que Nat agonise : pas de wc accessible pour lui ici...

Cil se regale, pendant que d'autres degustent !

Le "Malling slide", passage repute redoutable apres 800m de montee ardue est en fait un non-evenement bien que la route franchisse une cascade dans une face instable extremement raide.
Juste apres, nous faisons une halte a Nako, dernier village perche en altitude et d'influence tibetaine. Nous mangeons un repas agreable avant de plonger sous les 2000m d'altitude en territoire hindou, avec l'espoir de trouver un bon hotel pour se laver un peu. La salle de bain on l'aura au prix d'une cruelle remontee de nuit a Pooh, ou l'electricite reste tres aleatoire (pas d'eau chaude et repas aux chandelles).

Y'a du gaz, dans la descente apres Nako !
1000m de denivelle avec la tourista : ca paaaasse !

Etonnament, il y a toujours tres peu de circulation sur la route principale (National Highway) dont le goudron est excellent : bon ride sur cette section en descente. Soudain, une jeep de police nous double, des militaires armes en sortent et nous arretent. On reconnait le chef du post de controle precedent (2 fois summiter de l'Evrest) : son chef veut nous parler ! Les questions fusent, et s'en suivent une sceance photo et des essais du trike. Nous echangeons nos emails, et nous sommes invites par le grand chef a diner ce soir a Peo "if you can reach it!", si nous y arrivons... En effet, au detour de la conversation nous sommes informes que la route est bloquee quelques kilometres avant Recong Peo.
Plus loin, nous attendons effectivement une heure avant que la route ne soit degagee, et quelle ne fut pas notre surprise de nous retrouver face a 2 autres gros glissements de terrain qui nous otent tout espoir d'atteindre Peo et notre diner, l'unique pelleteuse commenceant a peine a deblayer... On pose la tente devant un camion, sur la route, pour passer la nuit.

Glissements de terrain peu avant Recong Peo.
Bivouac sur la route et petit dej' en vue  !
(indice chez vous : jeep avec toit bleu)
Le lendemain, nous discutons de la marche a suivre : essayer de franchir a pied en portant les velos et Nat, attendre que la route n'ouvre (2h, 1 jour, 2 jours ?), remonter a Pooh... La situation est stressante pour Cil, avec un Nat pas tout a fait remis. Cependant les gens qui attendent comme nous sont cools, une jeep de touristes indiens preparent a manger sur la route, et partagent ce qu'ils ont. On nous propose aussi de passer en jeep lorsque ce sera possible, car ca restera difficile et dangeureux en velo.
Vers 17h, la route ouvre, nous sautons dans la jeep et arrivons a Jeori 70km plus loin vers 21h, laissant derriere nous Peo, Kalpa, et la valle de Sangla que nous avions prevu de visiter.

Coucher de soleil sur le temple de Sarahan.

Ici les monasteres boudhistes cedent la place aux temples hindous, les flancs de montagnes sont verts (Eucalyptus, palmiers, bananiers, grosses fougeres) et a Rampur nous trouvons pour la premiere fois un internet haut debit, du chocolat, et une circulation qui augmente sensiblement.

Plus de circulation sur la route avant Rampur !